Détail d'une démarche initiatique
Le jeu a pris ainsi. Autour d'une conversation modeste à chacun d'entre eux, j'ai insinué à l'esprit, révélé, ce qu'ils méditaient depuis un temps. Rien d'autre qu'un projet uni autour d'une passion, de la passion même. Grâce aux parcours, aux idées, aux initiatives, aux talents qu'ils ont développé, les intéresser fut facile, et donc sans commune mesure avec l'investissement qu'ils offrent chacun aujourd'hui.
Un sonnet irrationnel est dans les mœurs, clairement d'actualité. Quoi de plus vrai qu'un monde qui perd pied? Et trois, puis un, puis quatre, encore un et enfin cinq. En tous quatorze fois l'occasion de s'exprimer. Rythme intéressant et fou. Infini.
La déraison est à l'ordre du jour, et l'art ne se contente plus de saccager les principes. Il en établit de neufs. Et la hargne, la coercition du système de notre temps, ont enrayé la machine humaine dans l'art, qui ne faiblit pourtant pas. Plus diffus, il s'imprègne dans nos têtes et forme Hypnos. L'envie de poser sa pierre à cet édifice, de dire, d'évoquer, de rêver et de croire, la Faction le fera. La première étape est franchie. Le premier travail bouclé.
La valise se ferme et le train repart, le prochain arrêt est toujours plus,
Puissant.
Révélateur
Engagé.
Z.M.
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Vois-tu la jungle aux troncs d'acier,
ses murailles aux reflets bleutés,
en son cœur un homme et ses rêves ?
Solitude du promeneur.
Vois-tu que sur les toits se lève
par la nuit encore voilée
un astre d'or alors qu'est né
le jour ? La nuit elle s'achève.
Solitude du promeneur.
Il rentre comblé, de bonne heure
cet homme car il l'a étreinte,
seul, une nuit, sans les valeurs
qui dictent sa vie sans saveur,
la vie d'un homme sans ses craintes.
P.
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Masque
Dans cette peau de nouveau il se glisse,
Comme chaque matin depuis longtemps,
il ne pense plus et dans le rang il se hisse.
Il revêt lentement son masque, encore.
Il sait qu’il perd la force de lutter,
Et si ce costume lui va si bien,
Il a su dompter son âme butté,
Ce visage arboré, il a pu le faire sien.
Il revêt lentement son masque, encore.
Le soir, seul enfin, la poudre s’estompe,
L’identité rangée se plie : habit
Du dimanche. Attend que tout se rompe,
Laisse s’échapper ton souffle, ton esprit,
Sinon meurt doucement dans ton piège étouffant.
S.
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Les mômes de mon temps
n'avaient pas leur mot à dire
balancée aux quatre vents
leur parole est un empire.
Les volets de leur chambre
de baromètres en planisphères
bercent l'eau, ombre d'ambre,
fluide d'un autre monde ouvert
où leur parole est un empire.
Mais j'exècre les grincements
les personnages et leurs rires
blêmes. Les murmures blancs
n'ont pas même espoir d'avenir
ni l'absolution des croyants.
A.
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Iago
Comme un simple pincement de cœur que l'on froisse.
Comme l'idée qui bouleverse, quoique l'on fasse.
Minuscule mais vexée, contre Vous irascible,
Iago est ici. Enfin. Jamais n'est partie.
Saisit, stupéfiante, ton instant près d'être heureux;
T'abats, francisque cataphorique, qui coasse,
Jouissant de toi inquiet, agissant sur la masse.
Les prend tous adorants, les relâche miséreux
Iago est ici. Enfin. Jamais n'est partie.
Femelle vindicative de leur bonheur naissant,
Ce jeu n'est pas le Votre, Vous êtes la victime;
Humide par les pleurs, rougie par votre sang.
Perdue la contenance de cette belle vie d'avant,
Autrefois un sourire, ce soir: Iago décime.
Z.M.
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