Elle court, la petite, ses minuscules pieds nus
Dans l’herbe mouillée de la rosée matinale encore.
Laissant ses mains flotter dans l’air, sans retenue,
Entre les blés elle s’évade et rêve de trésors.
L’esprit vagabond, la petite, les yeux fermés
Pas le moindre bruit, sinon celui là qu’elle connait
La couleur des colzas, dans ses boucles abritée
Et la douceur de l’endroit, où toujours elle renait.
Lourde, triste campagne, esseulée quand elle va,
Car elle grandira, la toute petite, et elle suivra la troupe,
Sans un semblant de regard en arrière sur la route.
Mais au fond d’elle toujours elle gardera,
Le souvenir sublime des champs au lever du jour
Le sentiment intime, d’un nécessaire retour.
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