samedi, novembre 22

B&W Night

1919. Paris. Rue du Pont-Neuf. Nuit.

Je me retournais, folle de rage, prête à le frapper au visage. Cette histoire me retourne le cœur, son absence me rend malade, et il le sait. Il attrape ma main qui déjà fend l’air, et force son retour le long de mon corps. Je tremble de rage, encore, sous cette pluie battante, comme une expression de ma colère. Elle est froide, cette pluie, ma colère aussi : je ne crie pas, je ne pleure pas. Je suis déçue, c’est pire.

Là, de ses deux mains, il me tire vers lui par la ceinture de mon trench beige, miroir du sien, et m’embrasse avec une fougue qui aurait pu ressembler à de la violence. J’ai rassemblé toutes mes forces pour le repousser, et je parviens même à l’envoyer hors de l’ombre du porche sous lequel nous nous sommes abrités le temps de l’averse, même si ma vie prend forme depuis peu à quelques rues de là. Mais il revient alors, un air perdu affiché sur le visage, avec tant de pudeur que j’en suis touchée. Ma fierté cède. Je m’élance vers lui, attrape le col de son long pardessus, et colle mes lèvres aux siennes, avec la même vigueur qu’il avait montrée un instant plus tôt.

La minute suivante, il saisit mon bras, et nous voilà parti gaiement pour mon petit appartement… sous la pluie, toujours battante et la nuit toujours rassurante, témoin de nos ébats…

2 commentaires:

  1. Un petit coté "Bête Humaine" je trouve. Non? Jean Gabin qui étrangle puis embrasse puis aime. C'est quoi la fin?

    RépondreSupprimer
  2. Non, pas Jean Gabin. J'imaginais plutot une petite femme brune, à mi-chemin entre Audrey Hepburn et son élégance, et Rita Heyworth et sa fougue. Pour Lui, c'était un savoureux mélange entre Clark Gable pour sa voix, Marlon Brondo pour sa force, et James Dean pour son coté impulsif.
    Pour la fin, bonne question. Je sais, mais je ne dis pas. :)

    RépondreSupprimer